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Formation en trading

CFD ou futures : lequel choisir quand on débute en trading ?

Les deux permettent de trader le même indice avec effet de levier, mais pas du tout de la même façon. Voici ce qui change vraiment : le prix, les coûts, la contrepartie et le calcul du risque.

— min de lecture
Sommaire

    À retenir

    • Un CFD est un contrat entre vous et votre broker, qui copie le prix d'un actif sans que vous le possédiez. Un future est un contrat standardisé, échangé sur un marché centralisé (le CME pour le Nasdaq).
    • Les CFD sont simples d'accès et ouverts à de petites tailles, mais le broker est votre contrepartie et les coûts se cachent dans le spread et le financement de nuit.
    • Les futures offrent un prix unique, transparent et des coûts lisibles (commission fixe), mais demandent de comprendre la marge, la valeur du point et le roulement des échéances.
    • Aucun des deux n'est « sans risque » : dans les deux cas le levier peut produire des pertes rapides, et une majorité de particuliers perd de l'argent.

    Quand on débute en trading, on tombe très vite sur le mot « CFD » : c'est ce que la plupart des plateformes grand public proposent. Puis, en creusant, on entend parler de « futures » et de « micro-contrats ». Les deux permettent de spéculer sur le même indice avec effet de levier, mais ils ne fonctionnent pas du tout de la même manière. Voici la comparaison que je fais à mes élèves avant de choisir un broker.

    Le CFD : un contrat avec votre broker

    CFD signifie « contract for difference ». Vous ne possédez ni l'action, ni l'indice, ni le baril de pétrole : vous signez un contrat avec votre broker qui vous paie (ou vous fait payer) la différence entre le prix d'ouverture et le prix de clôture. Le broker affiche son propre prix, qui suit celui du marché sous-jacent.

    Les avantages sont réels : on peut commencer avec une très petite taille, les plateformes sont conçues pour les débutants, et on y trouve des centaines de marchés. Les inconvénients le sont aussi :

    • Le broker est votre contrepartie, du moins dans les modèles les plus répandus : quand vous perdez, il gagne. Ce n'est pas illégal, mais c'est un conflit d'intérêts structurel.
    • Les coûts sont peu visibles : le spread (écart entre prix d'achat et de vente) et, si vous gardez une position la nuit, des frais de financement quotidiens.
    • Les prix ne sont pas ceux d'un marché unique : deux brokers peuvent afficher des prix légèrement différents pour le même indice.
    • Le levier est encadré en Europe pour les particuliers (de l'ordre de 20 pour 1 sur les grands indices), précisément à cause du niveau de pertes constaté.

    Le future : un contrat standardisé sur un marché central

    Un contrat à terme (« future ») est un contrat standardisé, échangé sur une bourse. Pour le Nasdaq-100, c'est le CME qui centralise les ordres. Tous les participants, du particulier à la banque, voient donc le même prix et le même carnet d'ordres (j'explique comment le lire dans lire le carnet d'ordres sur le NQ).

    Chaque contrat a une taille fixe et une valeur du point connue d'avance. Pour le contrat « NQ », un point vaut 20 $ ; pour le « MNQ » (micro), un point vaut 2 $. Un mouvement de 10 points représente donc 200 $ avec un NQ, et 20 $ avec un MNQ. C'est cette lisibilité qui rend le calcul du risque très concret : vous savez exactement ce que coûte chaque point (voir la taille de position sur le NQ).

    Les contraintes, elles aussi, sont à connaître :

    • La marge : le broker vous demande un dépôt de garantie par contrat, variable selon le broker et l'heure (souvent réduit pendant la séance, plus élevé la nuit).
    • Les échéances : les contrats sur indices expirent chaque trimestre (mars, juin, septembre, décembre). Il faut « rouler » vers l'échéance suivante, ce que la plupart des plateformes automatisent.
    • La commission : un coût fixe par contrat, aller-retour, facile à intégrer dans vos calculs.
    • Un seuil d'entrée un peu plus élevé en complexité, même si les micro-contrats ont fortement réduit la barrière financière.

    CFD et futures, côte à côte

    CFDFutures
    NatureContrat de gré à gré avec votre brokerContrat standardisé sur une bourse (CME)
    PrixFixé par votre broker, peut différer d'un broker à l'autrePrix unique de marché, visible par tous
    CoûtsSpread + financement de nuit (peu visibles)Commission fixe par contrat + écart de cotation
    Taille minimaleTrès petite, souvent à l'unitéMicro-contrats (ex. MNQ) pour de petites tailles
    ContrepartieSouvent le broker lui-mêmeLe marché (autres participants)
    LevierPlafonné en Europe pour les particuliersDéfini par la marge, potentiellement très élevé
    ComplexitéFaible au départPlus élevée (marge, échéances, valeur du point)
    Aucune colonne n'est « la bonne » : tout dépend de ce que vous voulez apprendre et de la façon dont vous comptez trader.

    Pour un débutant, que choisir ?

    Ma réponse dépend de l'objectif, pas de la mode. Si vous voulez simplement essayer le trading avec une somme très faible, un CFD sur une plateforme régulée peut suffire pour comprendre le principe, à condition d'avoir une taille minuscule et de connaître les coûts.

    Si vous voulez apprendre un métier, c'est-à-dire développer une méthode sur un marché précis, je recommande les futures, et c'est ce que j'enseigne. Parce que le prix est le même pour tout le monde, ce que vous apprenez sur un graphique reste valable d'un broker à l'autre. Parce que la valeur du point est fixe, le calcul du risque est sans ambiguïté. Et parce que le coût par trade est connu à l'euro près, vous pouvez réellement mesurer si votre méthode est rentable après frais.

    Le critère que j'utilise vraiment

    Posez-vous une seule question : « puis-je calculer, avant d'entrer, exactement combien je perds si mon stop est touché ? ». Avec un future, la réponse est un calcul à une ligne. Avec un CFD, elle dépend du spread au moment précis de l'exécution.

    On en parle ?

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    Et les prop firms dans tout ça ?

    Les « prop firms » (sociétés de trading pour compte propre) proposent des comptes financés sur futures, après une phase d'évaluation payante. Elles rendent le marché des futures accessible sans déposer de gros capital, mais elles ont leurs propres règles et leurs propres pièges. Je les ai détaillés dans prop firm : Apex, Topstep, une bonne étape ?, Apex ou Topstep et les erreurs qui grillent un premier compte.

    Comment choisir son broker ensuite

    Que vous optiez pour des CFD ou pour des futures, vérifiez d'abord qu'il s'agit d'un broker régulé, regardez ses coûts réels (pas seulement ceux affichés en première page) et testez la plateforme en simulation avant de déposer le moindre euro. Le raisonnement complet est dans comment choisir son broker en trading.

    Si vous débutez complètement, commencez par lire ce qu'est vraiment le trading : la question CFD ou futures vient après, pas avant.

    Questions fréquentes

    Les CFD sont-ils interdits en France ?

    Non, mais leur commercialisation aux particuliers est encadrée : levier plafonné, avertissement obligatoire sur le pourcentage de clients perdants et protection contre le solde négatif. Certaines formes de publicité sont aussi restreintes.

    Peut-on perdre plus que sa mise avec des futures ?

    Oui, c'est possible selon le broker et les conditions de marché, car le levier est important et la protection contre le solde négatif n'est pas systématique. Les micro-contrats et un stop systématique réduisent le risque, ils ne l'éliminent pas.

    C'est quoi un micro-contrat ?

    C'est une version réduite d'un contrat standard, qui vaut un dixième du contrat classique. Sur le Nasdaq-100, le micro MNQ vaut 2 $ par point contre 20 $ pour le NQ : il permet de limiter le risque par trade.

    Futures ou CFD pour un petit capital ?

    Les deux fonctionnent à petite échelle. Les micro-contrats permettent de rester sur de très petites tailles tout en tradant sur un marché centralisé. Ce qui compte, c'est la taille relative de la position par rapport au compte, pas le véhicule.

    Faut-il une licence pour trader des futures ?

    Non. Un particulier peut ouvrir un compte chez un broker proposant des futures, sous réserve de ses conditions d'accès et de l'acceptation du questionnaire de connaissance des risques.

    Rappel important

    Le trading d'instruments à effet de levier comporte un risque élevé de perte rapide en capital. Une majorité de comptes d'investisseurs particuliers perd de l'argent. Cet article a une vocation pédagogique et ne recommande aucun broker en particulier : il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée.

    Samuel Obadia
    Samuel Obadia
    Fondateur d'OBA Academy · 6 ans sur les marchés

    Formé à la London Academy of Trading, je donne des cours particuliers de trading en visio, un élève à la fois. Spécialisé en scalping sur le NQ. Pas de signaux, pas de gestion de compte, pas de promesse de rendement.

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